mercredi 19 mai 2010

FOUILLES DU SITE PALEOLITHIQUE FINAL DE LA FOSSE


Le site de la Fosse est un gisement de plein air installé dans un méandre de la Mayenne. Le niveau d’occupation tardiglaciaire mis au jour est attribué à la transition Dryas récent-Préboréal, c’est à dire à la charnière entre le Paléolithique et le Mésolithique. Le matériel récolté est très essentiellement lithique et consiste en une production de lamelles et de grandes lames régulières dans des silex variés parfois récoltés à plusieurs centaines de kilomètres. Particulièrement bien conservé, ce site a permis de mettre en évidence des influences culturelles unique dans le Grand ouest et d’apréhender de nombreuses questions quant à la gestion de l’espace par les hommes il y a quelques 10000 ans.

Stage bénévole post-fouille du site moustérien de Beauregard

Proposition de stage bénévole post-fouilles du 5 au 30 juillet 2010

Dans le cadre de la fouille du site moustérien de Beauregard au Mans, nous recherchons des volontaires pour un stage bénévole de lavage/marquage de l’industrie lithique récoltée. Ce stage s’effectuera pendant la période du 5 au 30 juillet 2010 au sein du laboratoire Archéosciences de Rennes sur le campus de l’Université de Rennes 1 (Bâtiment 24-25). Le stage se déroulera par groupes de 3 à 4 personnes sur une durée de 15 jours, avec possibilité de réaliser la totalité de la période (5-30 juillet). Le stage pourra être accompagné pour ceux qui le souhaitent d’une première approche de l’étude techno-typologique d’une industrie lithique.

Contacts et renseignements : Yoann Chantreau, Doctorant UMR 6566 CReAAH

yochantreau@yahoo.fr

mardi 9 mars 2010

Congrès Préhistorique de France


Du 31 mai au 5 juin prochain se déroulera à Bordeaux et aux Eyzies le prochain Congrès Préhistorique de France.

C'est la notion de transition qui sera au cœur des réflexions durant ces six jours.

Les Hommes interagissent avec l'environnement par le biais de leurs cultures. La notion de transition, qu'elle soit environnementale, biologique ou culturelle, constitue une thématique récurrente de nos disciplines permettant d'aborder des périodes clefs de l’Histoire, des origines à l'Âge du Bronze inclus. Plus que les époques de stabilité, ces périodes sont des temps forts de l’évolution des sociétés et de la constitution de leur identité.

Parmi la dizaine de sessions proposées, l'une d'elle, coordonnée en compagnie de Sylvène Michel, sera consacrée à la transition Pléistocène-Holocène.

Cette session a pour cadre chronologique la transition Pléistocène/Holocène, c'est-à-dire la période charnière entre le Paléolithique final et le premier Mésolithique. Elle s’intéressera tout particulièrement à l’aire géographique comprise entre la Manche et la Loire, même si, à titre de comparaison, l’enquête abordera rapidement les zones périphériques. En réunissant paléolithiciens et mésolithiciens, l’objectif de cette session sera de s’interroger sur les changements qui affectent les cultures matérielles : comment évaluer les transferts et les ruptures techniques ? Quelles en sont les causes ? La rupture environnementale entre ces deux périodes climatiques, désormais bien documentée dans l’hémisphère nord, a régulièrement été évoquée pour expliquer ces changements. Quelle est réellement son incidence sur les sociétés ?

Vous trouverez tous les programmes et les renseignement nécessaires sur cette session et le congrès sur le site : http://www.pacea.u-bordeaux1.fr/cpf2010/

Programme de la session G : La transition Pléistocène/Holocène dans le nord de la France : Entre transferts et ruptures techniques (Session G) S. Michel et N. Naudinot


  • Le passage entre le Paléolithique et le Mésolithique : quelle problématique de changement?
    • Virginie GUILLOMET-MALMASSARI

    D’un point de vue historiographique, le Mésolithique est une entité chrono-culturelle dont l’apparition dans la discipline, est liée au développement de la problématique de transition entre le Paléolithique supérieur et le Néolithique (dans le derniers tiers du 19èmesiècle). Ce fait n’est pas sans conséquence pour la question du passage Paléolithique / Mésolithique.

    La transition entre le Paléolithique supérieur et le Néolithique en Europe est la première problématique de changement développée officiellement par la discipline, à travers la question du « hiatus ». Reposant sur le constat d’une rupture profonde entre les deux complexes industriels, elle suscite deux hypothèses radicalement opposées, impliquant la discontinuité ou au contraire la continuité historique et culturelle en Europe de l’ouest :
    - ainsi E. Cartailhac formule-t-il l’interprétation d’une Europe désertée par les magdaléniens à la fin du Paléolithique, et repeuplée plus tard par une population néolithique, étrangère et intrusive.
    - ainsi C. de Fondouce, Ph. Salmon ou encore E. Piette réagissent-ils en démontrant l’existence de « niveaux de transition », pour rétablir entre les populations quaternaires et néolithiques, une continuité, sinon biologique, au moins culturelle.

    C’est au cœur de cette controverse historico-culturelle que sont progressivement individualisées les industries qui composeront plus tard le Mésolithique ; en l’occurrence, à l’appui du rétablissement de la continuité en Europe.

    A partir de ces informations, et sur la base de données et interprétations archéologiques plus récentes, nous souhaitons discuter du statut du passage entre le Paléolithique et le Mésolithique. Problématique de « transition » ou seulement de changement ? Nous espérons ici entamer une réflexion plus générale ayant trait à la définition, voire la hiérarchisation des problématiques de changement en préhistoire.

  • Environnement animal et économies de chasse entre 13000-8000 av. J.-C. dans la moitié nord de la France: transition, rupture ou réorganisation ?
    • Anne BRIDAULT

    La période qui couvre la fin de la dernière glaciation et le début de l’Holocène s'inscrit dans un contexte d'augmentation de l'insolation estivale, de fonte des calottes polaires et d'instabilité climatique marquée. En quelques millénaires, l’Europe nord-occidentale est passée de conditions glaciaires à tempérées, générant des conditions de vie radicalement différentes pour les populations humaines comme pour les populations animales. A l’interface des systèmes naturels et culturels, les vestiges fauniques sont des témoins privilégiés de l’activité humaine et des choix économiques. Ils sont également dans une certaine mesure, des témoins fiables des changements globaux. Comment caractériser et nommer la transformation importante de l’environnement animal durant cette période: transition, rupture, crise ou réorganisation ? Dans quelle mesure l’interprétation de cette transformation pèse-t-elle sur l’interprétation de l’évolution des systèmes économiques, en particulier des stratégies de prédation ?
    A partir d’une présentation synthétique des données fauniques entre 13000-8000 av. J.-C. pour le Nord de France, je discuterai la nature de cette transformation. Je discuterai également des implicites associés au choix des termes retenus pour interpréter les observations.

  • Précision sur les fonctions d’une occupation à la charnière entre Paléolithique final et Mésolithique : réexamen de la faune de Belloy-sur-Somme
    • Aude CHEVALLIER
    • Jean-Pierre FAGNART
    • Anne BRIDAULT

    Les occupations attribuées à la transition Dryas récent / Préboréal dans le Nord de la France ont souvent été interprétées comme des sites spécialisés d’ateliers, fréquentés dans le but de produire de longues lames de silex, parce que les vestiges lithiques y sont prépondérants (voire exclusifs) et témoignent de savoir-faire exigeants. L’assimilation de tous les gisements de cette époque à des sites d’atelier pose toutefois un certain nombre de problèmes, soulignés par Boris Valentin à l’occasion d’une récente synthèse (2008). Dans cette perspective, de nouveaux éclairages peuvent être apportés par les études archéozoologiques. C’est en ce sens que nous avons réexaminé le site de Belloy-sur-Somme, car il présente l’intérêt de livrer l’un des rares ensembles fauniques en association avec des témoins lithiques (Fagnart, 1997). Ces vestiges osseux témoignent d’activités de subsistance loin d’être négligeables, en particulier dans certains secteurs du site. En montrant que les occupants de Belloy-sur-Somme ne s’étaient pas uniquement consacrés aux activités de taille du silex, cette étude permet d’apporter de nouveaux éléments au débat actuel concernant la fonction des sites de la fin du Paléolithique final du Nord de la France et aux comportements de chasse des sociétés de cette époque.

  • L’extrême fin du Paléolithique dans les Alpes du nord françaises : évolution des comportements pendant l’Allerød et le Dryas III
    • Gilbert Pion
    • André Thévenin
    • Ludovic Mevel

    Les transformations qui affectent les systèmes techniques et économiques pendant le Tardiglaciaire atteignent leur apogée à la fin de l’Allerød. Les industries lithiques de la phase récente de l’Azilien sont le résultat de la mutation progressive des comportements des groupes humains dans les différentes sphères de leurs activités (productions lithiques, osseuses, stratégies de subsistance,…). Cependant, si on peut considérer ce phénomène comme global à l’échelle des industries d’une bonne partie de l’Europe occidentale, il convient de l’expliciter régionalement afin de mettre en relief des spécificités locales, notamment dans la dynamique de transformations des industries depuis la fin du Magdalénien. Si la péjoration climatique du Dryas récent à certainement influencé les comportements des groupes humains, ces transformations des systèmes techniques présentent des caractères très différents selon les contextes géographiques ou elles apparaissent (Belloisien, Laborien, Epigravettien, Arhensbourgien…). Dans les Alpes du nord, la filiation des industries datées dans le Dryas récent restent encore à préciser comme c’est le cas à La Fru (Savoie) où les séquences d’occupations ont mis en évidence un Epipaléolithique terminal à petites pointes à dos droit à replacer au Dryas récent puis la séquence mésolithique qui suit, bien développée et qui correspond essentiellement au Mésolithique ancien du Dryas récent et au Mésolithique moyen du Péboréal à très forte charge culturelle comportant à la fois des éléments non sauveterrien de type beuronien (pointes à base retouchée, triangles isocèles et scalènes larges) et des éléments sauveterrien (triangles isocèles, scalènes effilés et très rares pointes de Sauveterre). Cette communication se propose de faire le bilan des connaissances sur ces questions en introduisant les résultats de travaux récents et pluridisciplinaires.

  • Du Bølling au Boréal : continuités et ruptures dans les industries lithiques de l’abri de Rochedane (Villars-sous-Dampjoux, Doubs, France).
    • Sophie FORNAGE-BONTEMPS
    • Olivier RONCIN

    Dans l’Est de la France, l’abri de Rochedane s’impose comme le site de référence pour l’étude des sociétés de chasseurs-cueilleurs de la fin du Tardiglaciaire et du début de l’Holocène. Entre 12 500 et 8 000 BP, les hommes ont occupé à six reprises l’abri, y abandonnant des dizaines de milliers de vestiges. Jusqu’à récemment, les industries lithiques de Rochedane n’étaient connues qu’à travers des études typo-chronologiques. Cette communication propose une nouvelle vision de ces assemblages basée sur une lecture dynamique de l’évolution des normes techniques et économiques. A la lumière de ces investigations, nous verrons que certaines attributions culturelles proposées anciennement peuvent être révisées.

  • Considérations sur le Processus de Mésolithisation dans l’Est de la France : Les apports du site de Choisey dans le Jura
    • Frédéric SEARA

    Rupture ou transfert, comment essayer de caractériser de tels processus ? En premier lieu, cette réflexion est tributaire de notre capacité à définir les caractères pleinement constitutifs d’une civilisation, à évaluer le plus finement possible la chronologie qui accompagnent leur apparition puis leur développement, préalables indispensables afin d’envisager les conditions de leur évolution et de leur substitution. A ces fins, il serait idéalement nécessaire de disposer d’un corpus suffisant de sites bien datés et aux garanties d’homogénéité bien assurées, mais la réalité est souvent très différente. Ce constat ne signifie pas que le débat est impossible mais qu’il faut le mener en évaluant les apports des sites à cette question en fonction de leurs données intrinsèques. Cela renvoie aux données du début du Mésolithique qui parce qu’elles appartiennent à un faible nombre d’occupations, bien datées et bien individualisées d’un point de vue taphonomique, certes limitent notre réflexion mais autorisent un certain nombre de considérations sur ce sujet. C’est dans cet esprit qu’est abordé le gisement de plein air de Choisey, situé dans le Jura près de Dole dans la plaine alluviale du Doubs. Cette occupation s’inscrit dans la catégorie des vastes campements de fonds de vallée qui s’organisent à partir d’unités spatiales configurées selon le schéma de l’unité d’activités. Une des spécificités de cette occupation réside dans sa position chronologique de la première moitié du Préboréal, marquant conventionnellement le début du Mésolithique. Une datation radiocarbone obtenue sur charbon de bois, 9805 ± 65 BP, soit 9309 à 9210 av. J.-C. (Lyon-2803 (Poz)), fait de cette occupation, la plus ancienne reconnue dans l’Est de la France. La prise en compte des données industrielles mais également palethnographiques (approvisionnement en matière première, modalité d’occupation de l’espace, témoignage esthétique) a d’une part pour objectif de préciser toute forme de pratique qui serait dans la droite ligne de ce que l’on connaît pour le Paléolithique supérieur final, et d’autre part d’identifier l’expression de comportements et de traits industriels spécifiques au Mésolithique.

    L’industrie, dominée par les pointes à base naturelle est associée à des triangles isocèles parfois de grande taille et possèdent de nombreux microburins. L’outillage du fonds commun, bien représenté par des burins et grattoirs, montre encore une part non négligeable de supports laminaires, présents par ailleurs sous la forme d’éléments importés.

    Les composantes industrielles, y compris les schémas techniques de débitage, sont majoritairement mésolithiques et au regard du découpage chronologique conventionnel, il peut paraître assez remarquable qu’elles soient à ce point constituées dès le tout début de la période.

    Ce constat pose la question des conditions à l’origine d’une modification qui semble brusque des industries entre Epipaléolithique et Mésolithique et plus fondamentalement celle de la limite chronologique basse du Mésolithique.

  • Le Laborien dans le Sud-Ouest français. Nouvelles données et perspectives de recherches.
    • M. LANGLAIS
    • L. DETRAIN
    • P. JACQUEMENT
    • N. VALDEYRON

    Bien qu'historiographiquement au cœur des débats sur la fin de l'Azilien et sur l'avènement du Laborien, le Sud-Ouest français restait jusqu'il y a peu paradoxalement en marge de la dynamique d'études et de publications qui caractérise d'autres régions, en particulier le Nord de la Loire. Une remise au jour de collections anciennes et la mobilisation de données inédites issues de fouilles récentes ou en cours permettent dorénavant de rééquilibrer les connaissances sur ces dernières sociétés tardiglaciaires. Cette communication vise ainsi à marquer un premier jalon de ce regain d'intérêt pour les groupes post-magdaléniens dans le Bassin aquitain sensu lato, appréhendés essentiellement à travers le prisme de leurs équipements lithiques.

  • Du Paléolithique final au Mésolithique précoce dans la région sablonneuse de la Basse Belgique et le sud des Pays-Bas.
    • Philippe CROMBE
    • Jos DEEBEN
    • Gunther NOENS
    • Joris SERGANT

    Le nord de la Belgique et le sud des Pays-Bas constituent une entité environnementale, caractérisée par un relief peu prononcé, couvert de sédiments éoliens (limono-)sableux déposés et retravaillés principalement pendant la fin du Pléniglaciaire et le Tardiglaciaire. Le relief y consiste principalement d’une altération de dunes peu élevées et étroites et de dépressions humides souvent peu profondes. La région est drainée par de nombreuses

    A l’intérieur de cette vaste région, située à la limite méridionale de la grande plaine nord-ouest européenne, on connaît de nombreux gisements préhistoriques datant de la transition du Paléolithique vers le Mésolithique. Il s’agit principalement de sites de plein air, presque toujours perturbés par l’agriculture et l’érosion. Ainsi, dans la partie est de la région, environ 40 sites attribués à la culture Ahrensburgienne (sensu lato) sont actuellement connus, la plupart concentrés dans les provinces de Noord-Brabant et le Limbourg belge et hollandais. Avec quelques grottes situées plus au sud le long de la Meuse, ces gisements représentent les témoignages les plus méridionaux de la culture Ahrenburgienne de l’Europe occidentale. La phase ancienne du Mésolithique est également bien représentée par des gisements de plein air. Contrairement à l’Ahrensburgien, les sites mésolithiques se manifestent partout dans la région d’étude, aussi bien à l’est qu’à l’ouest.

    Jusqu’à quelques années la plupart de ces sites étaient mal datés par des méthodes radiométriques, principalement dû à l’absence de matière organique et de contextes fiables. En effet, l’acidité des sédiments sableux n’étant pas favorable à une bonne conservation de matière organique non-brûlée ou non-carbonisée, ainsi que la bioturbation intense ont longtemps empêché de dater ces contextes de façon convaincante et satisfaisante. Hors, ces dernières années l’élaboration de nouvelles techniques de datations, telle que l’AMS et la datation d’ossements brûlés, ainsi qu’une sélection plus critique des échantillons à dater ont mené à un progrès considérable sur le terrain de la chronologie absolue. En plus, les dernières années, l’étude technologique de ces industries de transition a progressé énormément, conduisant à de théories nouvelles quand à l’origine des premières traditions lithiques mésolithiques.

  • Fonction des industries en silex et traditions artisanales dans le Mésolithique du nord de l’Europe. Le cas des sites de Verrebroek, Doel (Belgique) et Hempens (Pays-Bas)
    • Valérie BEUGNIER

    Dans le cadre de cette communication, sont présentés les résultats d’une étude fonctionnelle ayant porté sur 700 outils et supports bruts provenant de trois grands sites du nord de l’Europe, respectivement datés du Mésolithique ancien et du Mésolithique récent : Verrebroek, Doel (Belgique) et Hempens (Pays-Bas). Les données obtenues montrent que les modalités de gestion de ces industries offrent de fortes similitudes avec les traditions du Paléolithique supérieur (faible intensité d'usage, importance du travail des peaux, etc.). Mais des différences importantes existent aussi. On pense notamment à l'importance du travail des plantes qui marque l’émergence de nouvelles traditions artisanales et de nouveaux savoir-faire, en rupture avec les systèmes techniques précédents, et qui s’inscrit au contraire ces groupes dans une certaine filiation avec le Néolithique.

  • The Terminal Palaeolithic in the pre-Boreal of England and the question of the nascent Mesolithic
    • Lynden COOPER

    The analyses of Terminal Palaeolithic camp-sites at Avington VI and Launde has allowed a reconsideration of the ‘long blade’ tradition in the United Kingdom and beyond. While the cultural linkage to similar sites in northern France has long been known it is also possible to see lithic technological and typological links across a wider north-west Europe. A comparison of Terminal Palaeolithic and early Mesolithic lithic reduction technologies and microlith typologies suggests that there was a cultural rupture in the United Kingdom at the beginning of the pre-Boreal.

  • Le bivouac préhistorique du Buhot à Calleville (Eure) : caractérisation techno-typologique d’un assemblage lithique lamino-lamellaire de la fin du Paléolithique supérieur
    • Miguel BIARD
    • Stéphan HINGUANT
    • avec la collaboration de Claire BEURION, Valérie DELOZE, Philippe FORRE et Farid SELLAMI

    Les fouilles archéologiques réalisées sur le tracé de la liaison autoroutière A. 28 Bourg-Achard (27) – Alençon (61) ont permis la découverte d’une occupation préhistorique, dans la vallée du Bec, sur la commune de Calleville (27).

    Le site fouillé appartient à une période chronologique charnière pour laquelle les témoignages sont à ce jour très ténus en Haute-Normandie : le Dryas récent. Cette occupation épipaléolithique se situe dans la vallée du Bec, sur la rive gauche du cours d’eau, au pied d’un versant exposé au nord. À partir de deux grandes coupes stratigraphiques longitudinales, nous pouvons appréhender le contexte géomorphologique du site et obtenir ainsi des éléments de réponse sur son histoire et son évolution. D’ores et déjà, nous savons que les préhistoriques se sont installés non loin du bord d’un ancien méandre de la rivière, dans un milieu encore relativement ouvert comme en témoignent les lœss sommitaux dans lesquels les artefacts lithiques sont scellés. Les données paléoenvironnementales qui émaneront de l’étude de ces horizons superficiels apporteront des informations essentielles à la compréhension du gisement.

    Aux critères permettant de définir les grandes tendances des faciès culturels de cette période (Ahrensbourgien, Belloisien, Laborien), viennent s’ajouter des éléments très intéressants voire inédits en France. L’un d’entre eux concerne la culture matérielle avec, pour la première fois dans ce type d’assemblage lithique, la présence conjointe des classiques grandes lames régulières et des petites armatures issues d’une production de lamelles. Les premières, de grande dimension, semblent avoir été utilisées brutes ou parfois transformées en outils (grattoirs, burins). Les secondes sont réservées à la fabrication d’armatures de traits. Un autre point important intéresse les matériaux employés. En effet, l’examen de la série lithique montre un approvisionnement en matières premières varié, avec au moins sept matériaux siliceux utilisés dont certains locaux et d’autres aux gîtes encore inconnus. Le grès et le calcaire sont quant à eux employés pour la fabrication des percuteurs tendres propres au mode de débitage identifié sur le site. Ce constat est inhabituel en contexte d’atelier Belloisien et étaye l’hypothèse d’une aire d’habitat, déjà supposée à partir de la présence des outils. De même, les lames supposées de première intention (lames régulières à deux bords parallèles et profil rectiligne) sont nombreuses à Calleville alors qu’elles sont rares sur les ateliers proprement dits. Leur obtention au percuteur de pierre tendre demande une bonne gestion du volume et des procédés techniques élaborés, ce dont témoignent les nucléus (ouvertures des plans de frappe opposés, réaménagement des convexités par des néocrêtes et recadrage des nervures guides par enlèvements de produits laminaires et lamellaires). Ce mode de débitage révèle un savoir-faire technique élevé, avec des objectifs précis pour la production de supports laminaires standardisés. Tous les déchets issus de la fabrication de ces lames sont présents sur le site et nous renseignent sur les modes opératoires mis en œuvre. Les armatures sont d’un type totalement inédit dans la panoplie des assemblages lithiques du Dryas récent. Elles sont réalisées sur des lamelles régulières à profil rectiligne et présentent une troncature oblique concave en partie mésiale du support.

    Un premier bilan nous permet de faire du site de Calleville un gisement majeur qui devrait permettre de répondre à certaines problématiques régionales voire européennes que pose aujourd’hui la transition entre la fin du Pléistocène supérieur (Paléolithique supérieur final) et le début de l’Holocène (Mésolithique ancien), aux alentours de 10 000 av. J.-C.

  • Entre persistances et mutations, dynamiques techno-économiques des groupes humains du Grand-Ouest de la France entre la seconde moitié du 11e et le 9e millénaire.
    • Sylvène MICHEL
    • Nicolas NAUDINOT

    La recherche concernant les sociétés du Dryas récent et du Préboréal dans l'ouest de la France s'est amorcée, de manière progressive, dans les années 1980, pour faire place à une dynamique plus intense au cours de cette dernière décennie. Si le contexte d'étude n'est pas optimal, ce cadre chrono-géographique a cependant livré des indices qui constituent les premières clés pour appréhender l'évolution des systèmes techno-économiques au cours de ces millénaires. Après avoir rappelé les différents biais auxquels nous sommes confrontés, notamment les processus taphonomiques fréquemment dénoncés, les industries lithiques de référence seront décortiquées et mises en parallèle. Les transformations visibles au niveau des territoires d'acquisition des matières premières, des modalités d'exploitation et des objectifs de débitage seront ainsi évaluées, tout en prenant en compte une des spécificités de ce secteur géographique, son socle géologique entre massif cristallin et bassin sédimentaire. Nous aurons alors l'occasion de souligner ce qui relève de points de rupture ou de filiations, interrogeant par là-même la nature de la transition au sein des sphères techniques au fil de ces siècles. Enfin, nous aborderons l'enchevêtrement complexe des causes et des conséquences, où se mêlent bien des facteurs, notamment l'évolution marquée des environnements, dont il faudrait tenter de préciser l’intensité et les rôles.

  • Discussions

Congrès RSP de Rennes



vendredi 19 juin 2009

RECHERCHES FOUILLEURS POUR LE SITE TARDIGLACIAIRE DE LA FOSSE

Publication du site de l'Essart par Grégor Marchand


Even though we know that most of human history entailed nomadism, hunting and gathering, it is still very difficult for us to associate our everyday landscapes with ways of life that are so different from ours. Archaeological excavation, despite all its limitations and unanswered questions, is still the main interface between these worlds. Over time, the excavations on the Essart site in the commune of Poitiers (Vienne département), have revealed a vast Mesolithic habitat (8th to 6th millenary before our era) as well as a smaller late Neolithic occupation (4th millenary).
Man regularly returned to that zone on the banks of the Clain, where the river is wide and easy to cross, and each time left behind stone stoves and hundreds of chipped flint. In the course of this investigation the special natural conditions that allowed for the transmission of a habitat of this size are gradually revealed. By seizing every item of information and confronting it with current knowledge about the period, the authors offer an innovative overview of the Mesolithic people who lived between the Seine and Garonne rivers. In a natural environment almost free from any alteration by man, the prehistoric hunter-gatherers from western France developed a nomadic-based economy relying on their skills and the availability of natural resources. From the acquisition of lithic raw material to the affirmation of collective identities by means of style and technique, available data conjures up vast areas criss-crossed by exchange networks and communication routes.
The first communities of Neolithic farmers were already near and exchanges appear to have taken place between them and the hunter-gatherers, as revealed by a number of tools found in L’Essart. A civilization was about to be transformed.


Si l’on sait désormais que l’essentiel de l’histoire humaine est affaire de nomadisme, de chasse et de cueillette, il restera toujours difficile d’associer nos paysages quotidiens avec des modes de vie si radicalement opposés aux nôtres. Malgré toutes ses zones d’ombre et ses limites, la fouille archéologique reste la principale interface entre ces mondes. Entre 2003 et 2005, l’exploration de l’Essart sur la commune de Poitiers (Vienne) a dévoilé un très vaste habitat du Mésolithique (8ème au 6ème millénaire avant notre ère) et dans une moindre mesure du Néolithique récent (4ème millénaire), dans une zone où les aménagements urbains grignotent inexorablement le terrain et font disparaître les enregistrements sédimentaires du passé.
Installés au bord du Clain, à un endroit où la rivière élargie permet un franchissement aisé, les hommes de la Préhistoire sont revenus régulièrement, abandonnant des foyers empierrés et des centaines de milliers de silex taillés. Au fil de l’enquête, se dévoilent les conditions naturelles particulières qui ont autorisé la transmission d’un habitat de cette ampleur. Saisissant chaque bribe d’information pour les confronter aux connaissances actuelles, les auteurs proposent ici un panorama novateur des peuples mésolithiques entre Seine et Garonne. Dans une nature exempte pour l’essentiel des atteintes de l’Homme, les chasseurs-cueilleurs préhistoriques de l’ouest de la France ont développé des économies basées sur le nomadisme, au gré des ressources et de leurs savoir-faire. De l’acquisition des matériaux lithiques à l’affirmation des identités collectives par les styles et les techniques, les données disponibles évoquent finalement des espaces immenses, zébrés de voies de communication et de réseaux d’échange.
Les premières communautés d’agriculteurs néolithiques ne sont pas éloignées de ces campements ; des échanges semblent avoir eu lieu, comme le dénoncent certains outils de l’Essart ; une civilisation va peu après basculer.



samedi 30 mai 2009

mercredi 12 novembre 2008

Bienvenue


Ce site se veut d’abord être une introduction à mes travaux de thèse consacrés au Paléolithique final de l’ouest de la France. Des données plus diverses telles les gisements de matière première, les actualités de l’archéologie de la région etc. devraient également être régulièrement mises à jour afin d’être mises à la disposition de la communauté scientifique, des étudiants, des prospecteurs et amateurs.

Welcome


Author:

Nicolas Naudinot
UMR 6566
CNRS CReAAH

University of Rennes I
Building 24-25
Campus of Beaulieu

35042 Rennes Cedex France
(+33)02.23.23.62.38

nicolas.naudinot@gmail.com

First of all, this web site is an introduction to my PhD studies dedicated to the Final Paleolithic cultures of Western France. Some varied data like raw materials sources, actuality of Archaeology in the area etc. must be uploaded regularly in order to give informations to archaeologists, students, or volunteers. PhD. candidate in archaeology at the University of Rennes within UMR 6566 of the CNRS for 3 years, my thesis deals with the characterization of the technical systems of human groups who lived in western France during the tardiglacial period (Bølling/Allerød, Younger Dryas and early Holocene). These peoples were almost unknown until our studies initiated by G. Marchand. Despite some famous early excavations like Roc’h-Toul (Guiclan, Finistère) by Dr. Le-Hir (Le-Hir, 1874; Laplace, 1957; Monnier, 1980), the first real synthesis of theses prehistoric cultures was only published in 2004 by a research group directed by G. Marchand (Marchand et al, 2004). With this paper we showed that the area was not deserted by the last Pleistocene communities of hunter-gatherers as thought for a long time. Despite a growing sites corpus, the nature of the study area is not without several problems for the archaeologist... Actually, the Armorican massif presents pedological characteristics not adapted to a good preservation of organic testimonies (excepted in some coastal area where shelly sand provides carbonated elements which has allowed a pretty good conservation of bones). This particularity, by the way, forbids every archaeozoological studies limiting our knowledge of the way these last paleolithical societies lived. Charcoals and in the same time dates are equally rare. Thus, lithics are generally the only testimony which can be used to study these human communities. Contrary to the Paris basin where it is used to work on layers sealed by sedimentary deposits which have favored the preservation of the soils, in western France, before historical periods, these deposits are very poor, forbidding a good record of the occupation levels. Finally, it is important to specify that there is no flint outcrop on the Armorican massif; peoples had by the way two main choices: adaptation to other raw materials (like quartzite, sandstone or flint pebbles from old beaches or the Loire river) or importation from other areas like the Paris basin. This point is thus, here more than in other areas, essential in order to understand techno-economics systems of Palaeolithic societies. Considering these difficulties, comparative lithic technology is the best way to try to understand these societies. The method consists in studying lithic assemblages from several occupations in order to reconstitute the operatory chain of production, that is to say, all the anthropological actions which regard lithic from acquisition of raw materials to the discard of the tools. Afterwards, some information about social and economic organization (mobility of the groups, contacts with others, specialization of the sites, acquisition strategy…) can be deduced from these data. Linked with the ones from other french and european areas and mixed with other kind of studies, they must allow us to begin to get a better knowledge of these last Pleistocene hunter-gatherers societies.

Here is a short paper about the excavation of La Fosse published in the Frison Institute Bulletin (University of Wyoming):



LAPLACE G. (1957) - Les industries de Roc'h Toul et de Parc ar Plelen en Guiclan (Finistère). Bulletin de la Société Préhistorique française. p. 422-438.

LE-HIR D
. (1874) - Caverne de Roc'h Toul en kerrougny-Izella, commune de Guiclan (Finist.). Bulletin de la Société Archéologique du Finistère. 1.p. 85-91.


MARCHAND G., BLANCHET S., CHEVALIER G., GALLAIS J.-Y., GOFFIC M.L., NAUDINOT N., YVEN E.
(2004) - La fin du Tardiglaciaire sur le Massif armoricain : territoires et cultures matérielles. Paléo. 16.p. 137-170.


MONNIER J.-L.
(1980) - Le paléolithique de la Bretagne dans son cadre géologique. Thèse de doctorat de l’Université de Rennes 1.

Les matières premières

Nous voulons ici présentez les différents silex disponibles, dans un premier temps dans le département de la Sarthe, secteur qui a été largement exploité par les chasseurs-collecteurs du Massif armoricain étant donné sa position géographique. Cette base n’est qu’une esquisse et n’a pas pour ambition de présenter la totalité des matériaux disponibles… Nous ferons en sorte de la mettre à jour régulièrement en fonction des découvertes. N’hésitez pas à m’envoyer des photos ou des descriptions de matériaux ! Il serait également intéressant d’utiliser cette page pour des « avis de recherches » concernant des silex des marges du Massif armoricain. Le silex turonien des buttes du Mans : Silex au cortex crayeux allant du noir au vert en passant par des teintes rougeâtres. Sa zone sous corticale présente souvent une grande diversité de couleurs. Il est assez translucide sur les bords ce qui permet de le différencier du Bajocien aux caractéristiques parfois très proches. Les différents silex bajociens du sud Sarthe : Silex très opaque au cortex crayeux allant du noir au bleu et présentant régulièrement un voile de patine blanchâtre. Il est parfois veiné de zones roses ou rouges dues à des phénomènes d’oxydation. On le retrouve partout dans la région avec différents faciès parfois très différents à l’œil.

* Très noir dans la région d’Avoise



* Présentant une forte patine grise/blanche dans la vallée de la Vègre


* Plus gris clair avec oxydations dans le secteur de Vion

WANTED :


* Silex blond translucide très gras au cortex crayeux présentant souvent des inclusions blanchâtres





* Silex noir translucide au cortex crayeux



* Silex caramel moins translucide que le blond et avec nombreuses inclusions blanches


Il est très probable que ces silex de très bonne qualité soient localisés sur des terrains crétacés du Bassin parisien et la vallée du Loir semble être un secteur possible… J’attends vos commentaires, idées, découvertes… ! N’hésitez pas non plus à envoyer des photos et commentaires de silex – que la provenance soit connue ou non. C’est en échangeant un maximum que nous parviendrons petit à petit à faire avancer ces questions.

Les prospecteurs : la base du travail d’archéologue

Ce site me parait être l’occasion idéale pour remercier et saluer le travail des nombreux prospecteurs sans qui il serait bien difficile de pouvoir continuer à jouer aux cailloux… Que ce soit par la découverte d’un véritable site, de pièces isolées ou parfois simplement d’un gisement de matière première, le travail de ces passionnés est indispensable à l’archéologue pour pouvoir travailler. Un simple silex taillé découvert dans un champ peut parfois être à l’origine de bien belles découvertes… Je tiens ainsi à remercier tout particulièrement les prospecteurs qui ont pu croiser ma route et en particulier François Blanchet, Jacques Blanchet et Bernard Bodinier.


Jacques et François Blanchet


Emma Rambault, Mireille et Bernard Bodinier

Mon travail outre-Atlantique

Depuis maintenant trois ans je travail également dans l’ouest des Etats-Unis, dans le Colorado, le Dakota du Nord mais surtout dans l’état du Wyoming particulièrement riche en sites archéologiques paléo-indiens. J’ai participé à la fouille de sauvetage du Kill Site de Beacon Island (ND) où plusieurs dizaines de bisons ont été abattus il y a 10.000 ans en les repoussant depuis un petit promontoire. Ce gisement est situé au bord du Lac Sakakawea sur la rivière Missouri au cœur de la réserve des Three Affiliate Tribes (Mandan, Hidatsa et Arikara) ce qui implique des négociations avec les chefs de tribus ainsi que des cérémonies pratiquées par des religieux avant les fouilles. Ce site est a livré très peu de matériel lithique, il s’agit « simplement » d’une zone d’abattage massive de ces animaux. Les quelques rares silex découverts sont des pointes foliacées (Agate Basin points) retrouvées en général au milieu des squelettes parfois même fichées dans un ossement.


Fouille de Beacon Island (ND)


Agate Basin points de Beacon Island

Dans le Wyoming nous sommes intégré dans un programme de recherche du Frison Institute visant à définir les modalités d’exploitation du territoire des Big Horns mountains dans le nord de l’état, non loin du parc de Yellowstone. D’innombrables gisements ont été découverts dans cette immense région à tel point qu’il est parfois difficile de se déplacer sans marcher sur des silex… Les fouilles se concentrent essentiellement sur deux abris sous roche, Two Moon shelter et BA cave sous la direction de Marcel Kornfeld de l’Université du Wyoming. Ces sites ont connus différentes phases d’occupation dont une très belle séquence folsom (environ de 10.500 BP) à Two Moon. Ces industries sont surtout caractérisées par des pointes foliacées et fluttées. Les matières premières taillées sont magnifiques ; il s’agit d’une sorte de silex rouge très homogène (phosphoric chert). Outre ces fouilles nous réalisons également de nombreuses prospections et sondages dans les centaines d’abris sous roche de la région. Non loin de ce secteur, une autre équipe se concentre sur une autre zone autour du canyon de Paint Rock sous la direction de Robert Kelly également chercheur à l’Université du Wyoming.


Le Campement


L'abri de Two Moon


Fouille de l'abri de Two Moon


Sondage d'abris avec Jack Fenner


Découverte d'une préforme de pointe de Folsom en phosphoric chert


Pointe de Folsom

Un grand fossé entre le Paléolithique final de l’ouest de la France et les groupes folsom de l’ouest américain me direz vous ; oui – mais tout l’intérêt de cette entreprise réside dans ces différences… Cette approche permet en effet de pouvoir observer des cultures chronologiquement plus ou moins contemporaines mais pourtant très différentes et de se poser la question de l’influence des environnements dans les choix techniques et comportementaux. Il s’agit aussi d’un moyen de s’ouvrir à une approche de l’Archéologie radicalement différente de la notre. Ici, l’intérêt de la technologie lithique est loin d’être connu ou même approuvé par la totalité de la communauté scientifique alors que la pointe de projectile reste le cœur de la discipline… En revanche, l'Archéologie n'est ici qu'un outils destiné à étayer ou réfuter des théories construites à partir de l'Anthropologie. Il m’a ainsi été possible de discuter avec des chercheurs spécialisés dans ces questions avec notamment Robert Kelly. En France ce type d’approche reste assez rare en raison d’une méfiance tout à fait justifiée. Il est vrai que certains anthropologues américains poussent ces modèles parfois un peu trop loin… Cependant, lorsque utilisées avec parcimonie et à partir de corpus conséquents, ces méthodes permettent de soulever des questions tout à fait intéressantes.


En visite chez Robert Kelly dans le canyon de Paint Rock

Enfin, les méthodes de fouilles sont également très différentes que ce soit en ce qui concerne les méthodes ou les techniques. Ainsi, en raison de la nature des zones de recherches, la multiplication des sondages de faible superficie est souvent préférée à la fouille extensive d’un unique gisement. En ce qui concerne l’enregistrement spatial du matériel archéologique nous employons un logiciel de H. Dibble et S. Mc Pherron directement sur le terrain qui à le mérite de cartographier les vestiges en temps réel.


A l'enregistrement à Two Moon avec Joseph Gingerich et Price Heiner

Mes fouilles

Le Camp d’Auvours :

En 2006 j’ai entrepris plusieurs sondages sur le site du Camp d’Auvours (Saint-Mars-la-Brière, Sarthe) fouillé entre 1970 et 1979 par Mr M. Allard. La collection étant déjà riche d’environ 330.000 pièces, cette intervention avait essentiellement pour objectif de mieux comprendre la stratigraphie, le contexte géomorphologique ainsi que les structures d’habitat du gisement. Quelques résultats de ces travaux, communiqués au congrès UISPP de Lisbonne en 2006 seront publiés très prochainement dans la revue en ligne P@lethnologie.


Fouille du Camp d'Auvours.

La Fosse :

Une occupation tardiglaciaire en place dans un méandre de la Mayenne : Le site de la Fosse à Villiers-Charlemagne, Mayenne

Le site de la Fosse est situé sur la commune de Villiers-Charlemagne dans le département de la Mayenne. Le gisement est installé en fond de vallée à proximité du plus grand méandre de la rivière Mayenne. Il a été découvert en 2000 lors des prospections de B. Bodinier. Une première étude du matériel de surface a alors permis l’identification d’une importante composante tardiglaciaire plus particulièrement assimilable à la transition Dryas récent/Préboréal au sein d’un assemblage qui montrait néanmoins quelques intrusions mésolithiques et néolithiques. La rareté de ces témoignages, tant dans la région que dans le reste de la France, ainsi que l’exceptionnelle fraîcheur du matériel lithique nous a alors incités à mettre en place une campagne de sondages dans le secteur en 2007. Cette opération a permis de confirmer l’intérêt de ce site et de préciser ses conditions de dépôt.

La véritable fouille du gisement de la Fosse a débuté en juin 2008. Les objectifs de cette opération étaient à la fois d’étendre la surface investie mais également de préciser le cadre géomorphologique. La position du site au fond d’une vallée encaissée a favorisé son enfouissement progressif par une alternance d’alluvions de débordement et de fines colluvions. Fait inédit dans l’Ouest pour ces industries, ce phénomène nous a permis de bénéficier d’un sol d’occupation scellé au sein d’une stratigraphie. Son étude, couplée à l’analyse géomorphologique du secteur a montré que les préhistoriques s’étaient installés sur des colluvions massives pouvant être associées à la péjoration climatique du Dryas récent. Cette datation relative est un témoignage unique dans la région qui confirme nos hypothèses basées sur la technologie et la typologie lithique comparées. Les datations par luminescence d’échantillons de silex ayant subi une altération thermique (University of Washington, Luminescence dating laboratory) devraient confirmer prochainement ce résultat.

Cette excellente préservation du sol d’occupation nous permet également d’étudier l’organisation de ce campement. La fouille a ainsi, par exemple, mise en évidence une zone de concentration de matériel très bien délimitée et soulignée par de grosses pierres qui ont été très vraisemblablement déplacées.

L’analyse technologique du matériel lithique a confirmé l’appartenance de l’industrie aux groupes de la transition Pléistocène/Holocène qui font actuellement l’objet d’une thèse à l’Université de Rennes 1 (N.N). Elle a permis également de reconstituer les chaînes opératoires de débitage et de mettre en évidence une segmentation des activités dans le temps et dans l’espace.


Une lame mâchurée d’une vingtaine de centimètres, outil a posteriori tout à fait caractéristique de la période, est venue confirmer notre attribution chrono-culturelle. Une pointe pédonculée ahrensbourgienne (Fig. 1, n° 1) a également été identifiée au milieu des nombreuses pointes à dos rectiligne (Fig. 1, n° 2-9). Cette pièce est particulièrement intéressante car elle constitue le témoignage le plus occidental d’Europe de ces groupes des grandes plaines septentrionales. La découverte d’une dizaine de bitroncatures (Fig. 1, n° 11-17) sur un niveau archéologique en place confirme l’hypothèse que nous avions développée au Camp d’Auvours selon laquelle ces éléments, longtemps considérés comme des intrusions mésolithiques, seraient en réalité caractéristiques de la période. On les retrouve en effet sur la quasi-totalité des sites contemporains de la région dans des formes différentes de celles des trapèzes régionaux et sans association avec du matériel mésolithique (percussion indirecte, lamelles Montbani…).

L’étude tracéologique du matériel lithique motivée par l’excellent état de conservation de l’assemblage a été entreprise dans le cadre d’un master 2 à l’université de Rennes I (J.J). Pour l’instant seuls les grattoirs, les burins ainsi que quelques lames et lamelles tronquées ont pu être étudiés, fournissant déjà des résultats intéressants. Ces analyses devront être poursuivies et étendues à l’ensemble de la collection. Ainsi, elles permettront d’appréhender les activités effectuées par les préhistoriques, de vérifier la fonction de certaines pièces telles que les bitroncatures et, à terme d’évaluer le statut fonctionnel du site.

Les résultats sont donc particulièrement encourageants. Ce site est un témoignage unique qui devrait nous permettre de mieux comprendre l’occupation de l’ouest de la France durant ce Tardiglaciaire qui reste si mal connu dans la région. L’objectif des prochaines campagnes de fouilles sera d’étendre la surface investie par l’opération. Nous devrions ainsi pouvoir apporter de nouvelles informations quant à l’organisation spatiale du gisement (limites du site, présence de locus, spécialisations, aménagements éventuels de l’espace) mais également quant à l’organisation sociale de ces groupes humains (mobilité, gestion des matériaux, activités de subsistance) grâce à l’apport d’études pluri-disciplinaires (Technologie lithique, tracéologie, lithologie, analyse spatiale…). Enfin, si les tests polliniques s’avèrent concluants, des études plus poussées seront menées afin de bénéficier d’un cadre environnemental particulièrement lacunaire dans l’Ouest pour le Tardiglaciaire.




Fouille de la Fosse.


Fouille de la Fosse.

Voici un petit texte paru dans le 19e bulletin du Frison Institute, University of Wyoming (vous trouverez un lien vers le site de l'Institut dans les liens) :



Le Tardiglaciaire de l'ouest de la France

Les groupes humains du Bølling et du début de l’Allerød sont très mal connus dans la région car les indices à notre disposition sont quasiment inexistants. Les sites pouvant être assimilés au Magdalénien sont totalement absents pour des raisons qui nous échappent alors que seulement deux occupations, toutes deux en abris sous roche et situées dans le Finistère, pourraient être attribuées à l’Azilien ancien. Ils sont caractérisés par la présence de belles bipointes à dos courbe ainsi que de lames à retouche rasante. On peut s’interroger sur ce hiatus : biais des prospections, région délaissée durant ces périodes ? Une autre option pourrait être une occupation de secteurs aujourd’hui immergés par la Manche où plusieurs affleurements de silex auraient pu attirer des communautés humaines dont on connait l'exigence en matières premières…


Contexte chrono-culturel du Tardiglaciaire de l'ouest de la France

Les groupes de l’Azilien récent sont en revanche désormais bien caractérisés avec quasiment une centaines de sites et indices de sites. Le plus important reste le gisement des Chaloignes à Mozet-sur-Louet (Maine-et-Loire) fouillé par G. Marchand en 1999 sur 9200 m² avant la construction de l’autoroute A87 Angers/La Roche-sur-Yon (Marchand et al, 2004). Plus au Sud, le site des Prises à Brizambourg (Charente-Maritime) a livré plusieurs milliers de pièces pouvant être associées à l’Azilien récent (Blanchet, 2004-2006; Blanchet et al, 2007). Les quelques 200 remontages réalisés par F. Blanchet nous ont permis d’avoir une vision très précise des chaînes opératoires de débitage (Naudinot in Blanchet et al, 2007). Comme dans une bonne partie de l’Europe de l’ouest, les débitages de ces groupes de l’Allerød gagnent en souplesse technique avec l’exploitation de matières premières bien souvent locales. Les blocs sont en général peu ou pas préparés ; le décorticage, la mise en forme et le plein débitage sont confondus et menés avec un percuteur de pierre sans préparation préalable des corniches. Les supports obtenus sont utilisés pour fabriquer des monopointes à dos courbe souvent peu régulières. Il est fréquent de trouver des témoignages d’ordre symbolique dans ces industries. Ainsi, plusieurs sites ont livré des petits galets ou des cortex de silex présentant des gravures souvent très abstraites.


Remontage d'un débitage azilien récent des Prises


Monopointes à dos courbe des Chaloignes

Les groupes humains de la transition Dryas récent/Préboréal ou Pléistocène/Holocène étaient totalement inconnus il y’a encore quelques années, surtout dans l’Ouest. Le Dryas récent est une période très froide et sèche qui marque donc une rupture très brutale avec le réchauffement de l’Allerød. Vers 9500 cal. BC, un réchauffement se fait ressentir, il s’agit du Préboréal qui marque l’entrée dans l’Holocène. O. Kayser et G. Marchand sont les premiers à avoir proposé de rajeunir des occupations longtemps considérées comme magdaléniennes (Gruet et Jaouen, 1957) en les plaçant entre l’Azilien et le Mésolithique. Le réexamen de collections anciennes, et notamment de celle du Camp d’Auvours (Saint-Mars-la-Brière, Sarthe) (Allard, 1982 ; Naudinot, 2004, 2006, à paraître) ou la découverte de nouveaux gisements comme la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne ; Naudinot, 2007, en préparation) nous ont permis de caractériser les chaînes opératoires de débitage associées à ces dernières sociétés tardiglaciaires afin d’en esquisser un premier panorama techno-économique. L’outillage retouché est caractérisé par la présence de pointes à dos rectiligne sur lamelles appelées pointes des Blanchères (Rozoy, 1978). Ces armatures sont associées à des pointes à troncature oblique et base naturelle très proches de celles que l’on retrouve dans le premier Mésolithique de la région. Le débitage de ces groupes devient plus élaboré avec des préparations soigneuses des volumes dans le but d’obtenir des lames et des lamelles très régulières et standardisées. Dans certaines régions (Bassin parisien, Nord…) souvent riches en matières premières taillables, on retrouve des sites où les hommes ont essentiellement orienté leurs débitages vers la production de grandes lames. D’autres sites livrent des armatures un peu différentes sous la forme de pointes de Malaurie. Il s’agit de pointes à dos rectiligne et base abattue réalisées sur des supports de dimensions plus importantes que les pointes des Blanchères. Si on en croit les stratigraphies de gisements situés plus au sud comme la Borie-del-Rey (Blanquefort-sur-Briolance, Lot ; Le Tensorer, 1981), ces industries seraient un peu plus anciennes que les précédentes et pourraient être datée du début du Dryas récent. Cette transition Pléistocène/Holocène a en effet été assez longue et il parait raisonnable de penser que plusieurs cultures ont pu s’y succéder avec des influences certainement diverses même si le bagage technique présente de nombreuses convergences et apparaît comme bien homogène. Ces techno-complexes livrent de plus en plus de témoignages dans l’Ouest et constituent le cœur de mon travail de recherche. Les premiers résultats sont en cours de publication et ma thèse, qui leur est largement consacrée, devrait être soutenue courant 2009.


Nucléus du Camp d'Auvours


Armatures du Camp d'Auvours

ALLARD M. (1982) - Un habitat de chasseurs au camp d'Auvours. Actes du colloque International de Roanne-Villerest: Les habitats du Paléolithique supérieur, 22-24 juin 1982, p.77-79.

BLANCHET F. (2004) - Les Prises: Gisement azilien et mésolithique à Brizambourg (Charente-Maritime). Rapport d'évaluation. Ministère de la culture et de la communication. Direction Régionale des Affaires Culturelles. Service de l'Archéologie. 66 p.

BLANCHET F. (2005) - Les Prises: Gisement azilien et mésolithique à Brizambourg (Charente-Maritime). Rapport d'évaluation. Ministère de la culture et de la communication. Direction Régionale des Affaires Culturelles. Service de l'Archéologie. 39 p.

BLANCHET F. (2006) - Les Prises: Gisement azilien et mésolithique à Brizambourg (Charente-Maritime). Rapport d'évaluation. Ministère de la culture et de la communication. Direction Régionale des Affaires Culturelles. Service de l'Archéologie, 37 p.

BLANCHET F., MICHEL S., NAUDINOT N. (2007) - Les Prises : Gisement azilien et mésolithique à Brizambourg (Charente-Maritime). Rapport d'évaluation. Ministère de la culture et de la communication. Direction Régionale des Affaires Culturelles. Service de l'Archéologie.

GRUET M., JAOUEN P. (1957) - Bégrolles et la pénétration magdalénienne en Loire-Inférieure. Bulletin de la Société Préhistorique française. 54.7-8, p. 397-411.

MARCHAND G., BLANCHET S., CHEVALIER G., GALLAIS J.-Y., GOFFIC M.L., NAUDINOT N., YVEN E. (2004) - La fin du Tardiglaciaire sur le Massif armoricain : territoires et cultures matérielles. Paléo. 16.p. 137-170.

NAUDINOT N. (2003) - Le gisement paléolithique final de la Guichaumerie à Ecouflant (Maine-et-Loire) : Apport de la technologie lithique dans la redéfinition des groupes post-aziliens. Mémoire de maîtrise Paris 1.

NAUDINOT N. (2004) - Apports de la technologie lithique dans la caractérisation des groupes Post-Aziliens des marges du Massif-Armoricain :Les gisements de la Guichaumerie à Ecouflant (49), et du Camp d'Auvours à Saint-Mars-la-Brière (72). Mémoire de DEA Paris 1.

NAUDINOT N. (2006) - Le Camp d’Auvours (Saint-Mars-la-Brière, Sarthe) : Un habitat structuré dans le Tardiglaciaire de l’Ouest ? . Rapport de fouille. Ministère de la culture et de la communication. Direction Régionale des Affaires Culturelles. Service de l'Archéologie. 30 p.

NAUDINOT N. (2007) - Le site de la Fosse à Villiers-Charlemagne (Mayenne) : une occupation de la transition Pleistocène/Holocène (9.500 cal BC) sur les bords de la Mayenne. Rapport de fouille. Ministère de la culture et de la communication. Direction Régionale des Affaires Culturelles. Service de l'Archéologie. 70 p.

NAUDINOT N. (2008) - Le site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne) : Un site en place attribuable à la transition Pléistocène/Holocène, Rapport de fouille. Ministère de la culture et de la communication. Direction Régionale des Affaires Culturelles. Service de l'Archéologie. 63 p.

NAUDINOT N., JACQUIER J. (à paraître) - Un site tardiglaciaire en place à la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne) : premiers résultats et implications chrono-culturelles, Bulletin de la Société Préhistorique Française.

NAUDINOT N. (sous presse) - Les armatures lithiques tardiglaciaires dans l'Ouest de la France: Proposition d'organisation chrono-culturelle et chaîne opératoire de fabrication. P@lethnologie.

ROZOY J.-G. (1978) - Les derniers chasseurs. L'épipaléolithique en France et en Belgique. Essai de synthèse. Bulletin de la société archéologique champenoise. 3 vol

TENSORER J.-M.L. (1981) - Le Paléolithique de l'Agenais. Cahiers du Quaternaire, 3, 526 p.

Curiculum Vitae

Formation universitaire

- Doctorant en Préhistoire à l’Université de Rennes 1. Laboratoire d’Archéologie-Archéométrie UMR 6566 CReAAH.
Intitulé de la thèse : « Du Tardiglaciaire au début de l’Holocène : approche technologique des industries lithiques de l’ouest de la France ». Allocation de formation et de recherche du Ministère de la Culture et de la Communication.
Direction de J.-L. Monnier (Directeur de Recherche CNRS, UMR 6566) et G. Marchand (Chargé de Recherche CNRS, UMR 6566). Soutenance prévue pour juin 2010.

- 2004 : DEA de Préhistoire, Ethnologie, Anthropologie de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Mention Très bien
Intitulé du mémoire : « Apports de la technologie lithique dans la caractérisation des groupes Post-Aziliens des marges du Massif armoricain : Les gisements de la Guichaumerie à Ecouflant (Maine-et-Loire) et du Camp d'Auvours à Saint-Mars-la-Brière (Sarthe) »
Direction de N. Pigeot (Maître de conférences Université de Paris 1, HDR), B. Valentin (Maître de conférences Université de Paris 1, HDR) et G. Marchand (Chargé de Recherche CNRS, UMR 6566).

- 2003 : Maîtrise d’Archéologie de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Mention Bien
Intitulé du mémoire : « Le gisement paléolithique final de la Guichaumerie à Ecouflant (Maine-et-Loire) : Apport de la technologie lithique dans la redéfinition des groupes post-aziliens ».
Sous la direction de B. Valentin (Maître de conférences Université de Paris 1, HDR) et G. Marchand (Chargé de Recherche CNRS, UMR 6566).

- 2002 : Licence d’Archéologie de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

- 200-2001 : Diplôme d’Etudes Universitaires Générales de Sciences Humaines et Sociales, Mention Histoire des Arts et Archéologie, de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Rattachements et collaborations scientifiques


- Membre de l’UMR 6566 « Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences et Histoire » CNRS, Université de Rennes 1.

- Co-direction du thème de l’UMR 6566 CReAAH
« L’occupation du Massif armoricain et de ses marges à l’aube de l’Holocène : approche technologique des industries lithiques du Paléolithique final dans l’Ouest de la France » en collaboration avec S. Blanchet (INRAP Grand-Ouest).

- Collaboration à l’axe thématique de l’UMR 6566 CReAAH « Evolution des sociétés ; les sociétés de chasseurs-cueilleurs du Pléistocène et de l’Holocène » et en particulier aux thèmes « Les peuplements paléolithiques de l’Ouest dans leur contexte Européen » et « Organisation spatiale de l’habitat au territoire ».

- Collaboration au thème « Littoral » de l’UMR 6566 CReAAH dirigé par M.-Y. Daire (CNRS, UMR 6566).

- Co-direction du PCR « Évolution des stratégies d’occupation et d’exploitation par les chasseurs-collecteurs dans le bassin versant de la Maine (Sarthe, Mayenne, Maine-et-Loire). Approche dynamique des techniques, des économies et des peuplements dans leur cadre environnemental et chronostratigraphique » en collaboration avec Y. Chantreau et B. Huet.

- Membre du PCR « Manche Ouest » de l’UMR 6566 CReAAH dirigé par J.-L. Monnier (CNRS, UMR 6566).

- Membre du PCR « Habitats et peuplements au Tardiglaciaire dans le Bassin parisien » dirigé par B. Valentin (Maître de conférences Université de Paris 1, HDR).

- Collaboration avec le Frison Institute (Department of Anthropology-University of Wyoming).

Expériences professionnelles

- Année universitaire 2009/2010 : Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (Université de Rennes 1 et de Rennes 2)

- Novembre 2008 : Ingénieur de recherche CNRS, étude technologique de l’assemblage lithique du site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne).

- Septembre 2007- Juillet 2008 : Attaché de conservation du patrimoine au Musée de Carnac (Morbihan).

- Décembre 2007-Janvier 2008 : Ingénieur de recherche CNRS, étude technologique de l’assemblage lithique du site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne).

- Juillet-Août 2007: Consultant en technologie lithique, site de Two Moon Shelter (Black Mountain, Big Horns Mountains, WYO, USA), Bureau of Land Management de Woreland (WYO, USA) et Frisson Institute (Department of Anthropology, University of Wyoming), responsable d’opérations M. Kornfeld.

- Octobre-Novembre 2006 : Contrat de dessinateur (DAO), site de Lillemer (Ille-et-Vilaine), PRADO, responsable d’opérations L. Laporte (CNRS).

- Août 2006 : Consultant en technologie lithique, site de Beacon Island (Newtown, ND, USA), Paleocultural Research Group (AZ, USA), responsable d’opérations F. Sellet.

Expérience de terrain

Fouilles bénévoles :

- Une dizaine de fouilles sur des sites paléolithiques et mésolithiques en France et aux Etats-Unis.

Responsabilité de terrain :

- Responsable de quatre opérations archéologiques sur des gisements de la transition Pléistocène-Holocène français depuis 2006.

Fouilles préventives :

- Quatre mois de fouilles préventives sur un site Paléolithique moyen de la Sarthe et un mois sur un site Agate Basin du Dakota du Nord (USA).

Enseignement universitaire

- 96 heures de CM et TD en tant qu’attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) aux Universités de Rennes 1 et de Rennes 2 en 2009/2010 (Master 1 et 2 d’Archéologie et d’Archéosciences).

- 23 heures de CM en technologie lithique destinées aux Master 1 et 2 d’Archéologie et d’Archéosciences des Universités de Rennes 1 et Rennes 2 et de Master 2 Pro. d’Archéologie de l’Université de Nantes entre 2006 et 2009.

- Intervention de 2h dans le cadre du séminaire de Master et de Doctorat « Derniers chasseurs. Paléolithique final et Mésolithique » de l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne.

Encadrement d’étudiants

- Direction et co-direction de 5 mémoires de Master 1 des Universités de Rennes 2 et Bordeaux 1 et de 4 mémoires de Master 2 de l’Université de Rennes 1.

Organisation de rencontres scientifiques

- Organisation du colloque : « La transition Pléistocène/Holocène dans le nord de la France : Entre transferts et ruptures techniques » dans le cadre du Congrès Préhistorique de France « Transitions, ruptures et continuité en préhistoire », Bordeaux-Les Eyzies, juin 2010.

- Organisation d’un Séminaire Archéologique de l’Ouest : « Hommes et environnements au Tardiglaciaire », Rennes, mars 2007.

Publications

Revue à comité de lecture :

- NAUDINOT N., JACQUIER J., GASSIN B. (en préparation) – Les bitroncatures tardiglaciaires : typologie, technologie et analyse fonctionnelle, Bulletin de la Société Préhistorique Française.

- HINGUANT S., MARCHAND G., NAUDINOT N (en préparation) - Les niveaux tardiglaciaires et mésolithique final de la Grotte Rochefort à Saulges (Fouille Stephan Hinguant), Gallia Préhistoire.

- MICHEL S. et NAUDINOT N. 2009 - De retour à Guennoc, Revue Archéologique de l’Ouest, t. 26, p. 23-36.

- DONNART K., NAUDINOT N., LE CLEZIO L. (2009) - Approche expérimentale du débitage bipolaire sur enclume : caractérisation des produits et analyses des outils de production, Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. 106, 3, p. 517-533.

- NAUDINOT N. et JACQUIER J. (2009) - Un site tardiglaciaire en place à la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne) : premiers résultats et implications chrono-culturelles, Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. 106, 1, p. 145-149.

- MARCHAND G., BLANCHET S., CHEVALIER G., GALLAIS J.-Y., GOFFIC M.L., NAUDINOT N., YVEN E. (2004) - La fin du Tardiglaciaire sur le Massif armoricain : territoires et cultures matérielles. Paléo, t. 16, p. 137-170.

Actes de colloques avec comité de lecture :

- NAUDINOT N. (2008) - Les armatures lithiques tardiglaciaires dans l'ouest de la France (Régions Bretagne et Pays de la Loire) : Proposition d'organisation chrono-culturelle et chaîne opératoire de fabrication. In : J.-M. Pétillon, M.-H. Dias-Meirinho, P. Cattelain, M. Honegger, C. Normand, N. Valdeyron (coord.), Recherches sur les armatures de projectiles du Paléolithique supérieur au Néolithique (actes du colloque C83, XVe congrès de l’UISPP, Lisbonne, 4-9 septembre 2006), Palethnologie, t. 1, p. 250-277.

- NAUDINOT N. (2008) - Lithic weapon elements in Western France (Brittany and Pays de la Loire) during the late glacial period : a proposed chrono-cultural organization. In: J.-M. Pétillon, M.-H. Dias Meirinho, P. Cattelain, M. Honegger, C. Normand, N. Valdeyron (coord.), Projectile weapon elements from the upper Paleolithic to the Neolithic (Poceedings of session C83, XVth World Congress UISPP, Lisbon, September 4-9, 2006), Palethonologie, t. 1, p. 241-268.

- MARCHAND G., NAUDINOT N., SICARD S., PHILIBERT S. (à paraître) – Chasse aux haltes, Colloque international « Haltes de chasse en préhistoire », Toulouse, 13-15 mai, 2009, Palethnologie.

Rapports d’opérations archéologiques :

- NAUDINOT N et JACQUIER J. (2009) – Le site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne), Rapport intermédiaire de fouille, Service Régional de l'Archéologie des Pays-de-la-Loire, 105 p.

- MARCH R., RODRIGUEZ LOREDO C., JOLY D., HOGUIN R., NAUDINOT N., FOISSET S., GRILL S., STAROPOLI L., LUCQUIN A. (2009) - Évolution et adaptation humaine autour de la région des plaines et lagunes du fleuve Quequén Salado. Province de Buenos Aires (Argentine) : Fouille du site La Represa et prospection régionale, 131 p.

- MICHEL S., CHANTREAU Y., LE CARLIER C., NAUDINOT N. (2008) - L’occupation du territoire au premier Mésolithique en Charente-Maritime : Fontbelle (Villars-les-Bois), Rapport d’évaluation 2008, 50 p.

- NAUDINOT N. (2008) - Le site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne) : Un site en place attribuable à la transition Pléistocène/Holocène, Rapport de fouille, Service Régional de l'Archéologie des Pays-de-la-Loire, 67 p.

- BIZIEN-JAGLIN C., LAPORTE L., GUYODO J. –N., HAMON G., MENS E., SOLER L., BERTIN F., QUESNEL L., NAUDINOT N. (2007) – Lillemer, Rapport de fouille programmée et de prospection thématique, 111 p.

- NAUDINOT N. (2007) - Le site de la Fosse à Villiers-Charlemagne (Mayenne) : une occupation de la transition Pléistocène/Holocène (9 500 cal BC) sur les bords de la Mayenne, Rapport de fouille, Service Régional de l'Archéologie des Pays-de-la-Loire, 70 p.

- BLANCHET F., MICHEL S., NAUDINOT N. (2007) - Les Prises : Gisement azilien et mésolithique à Brizambourg (Charente-Maritime), Rapport d'évaluation, Service Régional de l'Archéologie de Poitou-Charente, 76 p.

- NAUDINOT N. (2006) – Site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne), Demande de sondage, Service Régional de l'Archéologie des Pays-de-la-Loire, 41 p

- NAUDINOT N. (2006) - Le Camp d’Auvours (Saint-Mars-la-Brière, Sarthe) : Un habitat structuré dans le Tardiglaciaire de l’Ouest ?, Rapport de fouille, Service Régional de l'Archéologie des Pays-de-la-Loire, 30 p.

Participation à ouvrage :

- Participation à la rédaction de l’Encyclopédie de la Bretagne sur le thème : « L’épipaléolithique ».

Autres :

NAUDINOT N. (2010) – Approche palethnographique d’une occupation paléolithique finale au bord de la Mayenne : Le site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne) », Actes de la Journée de l’UMR 6566, 28 Mars 2009, Rennes.

NAUDINOT N. (2009) – Dernières nouvelles du fond de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne), Journées archéologiques des Pays de la Loire, Les Lucs-sur-Boulogne, 12-13 novembre 2009.

- NAUDINOT N. et JACQUIER J. (2009) - Une occupation tardiglaciaire en place dans un méandre de la Mayenne : le site de la Fosse à Villiers-Charlemagne (Mayenne). Actes de la Journée de l’UMR 6566, 28 Mars 2009, Rennes, p. 51-53.

- NAUDINOT N. (2008) - Une occupation tardiglaciaire dans un méandre de la Mayenne à la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne). Actes de la Journée de l’UMR 6566, 24 Mai 2008, Rennes, p. 1-3.

- NAUDINOT N. (2008) – Les armatures du Tardiglaciaire de l’ouest de la France : typologie et accident de taille. Actes du Séminaire Archéologique de l’Ouest : « Le premier Mésolithique du Nord-Ouest de la France : organisation chrono-culturelle », Ghesquière E. et Marchand G. (dir.), 14 Mars 2008, Rennes, p. 2-13.

- GINGERICH J. et NAUDINOT N. (2008) – Joe Gingerich travels to France, Frison Institute Bulletin, December 2008.

- NAUDINOT N. et MICHEL S. (2007) - Les industries lithiques de l’Ouest de la France du Tardiglaciaire au premier Mésolithique : caractérisation et origine des transferts techniques. Actes de la Journée de l’UMR 6566, 17 Mars 2007, Rennes, p. 52-53.

- NAUDINOT N. (2006) - Du Tardiglaciaire au début de l’Holocène : Approche technologique des industries lithiques de l’Ouest de la France. Journée des doctorants de l’école doctorale SDLM, 20 décembre 2006, Rennes, p. 50.

- NAUDINOT N. (2006) - Du Tardiglaciaire au début de l’Holocène : Approche technologique des industries lithiques de l’Ouest de la France. Actes de la Journée de l’UMR 6566, 8

Communications présentés lors de rencontres scientifiques

Colloques internationaux :

- 31 Mai-5 Juin 2010 : « La transition Pléistocène/Holocène dans le nord de la France : Entre transferts et ruptures techniques », Congrès Préhistorique de France : « Transitions, ruptures et continuité en préhistoire », Bordeaux/Les Eyzies.

- 28-30 Avril 2010 : « Anticiper ou s’adapter : évolution des stratégies d’acquisition en matière lithique durant le Tardiglaciaire sur le Massif armoricain », Colloque international « Roches et Sociétés de la Préhistoire », Rennes.

- 13-15 Mai 2009 : « Approche de la mobilité des groupes humains aziliens par l’analyse techno-fonctionnelle du locus 1 des Chaloignes », Colloque international « Haltes de chasse en préhistoire », Université de Toulouse-Le Mirail, en collaboration avec G. Marchand, S. Sicard et S. Philibert.

- 22-26 Septembre 2008 : « A late tardiglacial settlement in a meander of the Mayenne River at La Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne, France): a new overview of the Pleistocene/Holocene transition in Western France », congrès INQUA-SEQS, Rennes.

- 4-9 Septembre 2006 : « Les armatures lithiques tardiglaciaires dans l'Ouest de la France: Proposition d'organisation chrono-culturelle et chaîne opératoire de fabrication », communication, Congrès UISPP, Lisbonne.

Séminaires, conférences :

- Avril 2010 : « Approche palethnographique d’une occupation paléolithique finale au bord de la Mayenne : Le site de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne) », communication, Journée de l’UMR 6566, Rennes.

- 13 Novembre 2009 : « Dernières nouvelles du fond de la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne), Journées archéologiques des Pays de la Loire, Les Lucs-sur-Boulogne, 12-13 novembre 2009.

- 28 Mars 2009 : « Une occupation tardiglaciaire en place dans un méandre de la Mayenne : le site de la Fosse à Villiers-Charlemagne (Mayenne) », communication, Journée de l’UMR 6566, Rennes.

- 24 Mai 2008 : « Une occupation tardiglaciaire dans un méandre de la Mayenne à la Fosse (Villiers-Charlemagne, Mayenne) », communication, Journée de l’UMR 6566, Rennes.

- 14 Mars 2008 : « Les armatures du Tardiglaciaire de l’ouest de la France : typologie et accident de taille, communication, Séminaire Archéologique de l’Ouest », communication, Séminaire Archéologique de l’Ouest « Le premier Mésolithique du Nord-Ouest de la France : organisation chrono-culturelle » sous la coordination de E. Ghesquière et G. Marchand, Rennes.

- 27 Mars 2007 : « Les niveaux tardiglaciaires de la grotte de Rochefort : nouvelles données environnementales et culturelles », communication, Séminaire Archéologique de l’Ouest « Hommes et environnements au Tardiglaciaire », sous la coordination de N. Naudinot, Rennes, en collaboration avec S. Hinguant et G. Marchand.

- 27 Mars 2007 : « Entre Paléolithique supérieur et Mésolithique :
le camp d’Auvours et les derniers chasseurs-cueilleurs du Grand Ouest », communication, Séminaire Archéologique de l’Ouest « Hommes et environnements au Tardiglaciaire », sous la coordination de N. Naudinot, Rennes

- 17 Mars 2007 : « Les industries lithiques de l’Ouest de la France du Tardiglaciaire au premier Mésolithique : caractérisation et origine des transferts techniques », poster, Journée de l’UMR 6566, Rennes, en collaboration avec S. Michel.

- 16 février 2007 : « Stratégies d’acquisition des matières lithiques entre Massif Armoricain et Bassin Parisien du Pléistocène à l’Holocène : implications sur l’économie, les territoires et la mobilité des groupes », communication, Séminaire Archéologique de l’Ouest « Economies préhistoriques, protohistoriques de l’Ouest de la France : territoires et échanges », sous la coordination de G. Marchand et N. Molines, Rennes, en collaboration avec Y. Chantreau.

- 20 décembre 2006 : « Du Tardiglaciaire au début de l’Holocène : Approche technologique des industries lithiques de l’Ouest de la France », poster, Journée des doctorants de l’école doctorale SDLM, Rennes.

- 8 Avril 2006 : « Du Tardiglaciaire au début de l’Holocène : Approche technologique des industries lithiques de l’Ouest de la France », communication, Journée de l’UMR 6566, Rennes.

Conférence grand public :

- Une vingtaine d’interventions pour public anglophone « Archaeology, Prehistory and Ethnology in Brittany » pour l’agence américaine Experiment.

- Février 2008 : Intervention dans l’émission « Ramène ta science » sur Radio Campus Rennes.

Diffusion en milieu scolaire :

- Président de l’association Men Ha Houarn : Interventions en milieu scolaire dans les départements du Finistère, de l’Ille-et-Vilaine et de la Mayenne

- Interventions dans les établissements scolaires de région parisienne au sein de l’association « L’homme retrouvé ».

Mémoires Universitaires

- NAUDINOT N. (2004) - Apports de la technologie lithique dans la caractérisation des groupes Post-Aziliens des marges du Massif armoricain : Les gisements de la Guichaumerie à Ecouflant (Maine-et-Loire) et du Camp d'Auvours à Saint-Mars-la-Brière (Sarthe). Mémoire de DEA de l’Université de Paris 1.

- NAUDINOT N. (2003) - Le gisement paléolithique final de la Guichaumerie à Ecouflant (Maine-et-Loire) : Apport de la technologie lithique dans la redéfinition des groupes post-aziliens. Mémoire de maîtrise de l’Université de Paris 1.

Autres

Informatique :

- Maîtrise des logiciels Microsoft Office (Word, Excel, Access, PowerPoint), DAO (Adobe Illustrator, Adobe Photoshop), PAO (Adobe InDesign), de base de donnée (File Maker Pro), End Note, Map Info.

Langues :

- Anglais : Courant
- Espagnol : Maîtrise convenable

Loisirs

- Voyages, pratique du Roller-Hockey et du Hockey sur glace, chasse sous-marine, pêche à la mouche, pêche en mer, voile, badminton, lecture, cinéma.